Depuis 1969, le Liban et son peuple sont pris en otage par une classe politique fluctuante de politiciens médiocres, opportunistes et souvent ouvertement criminels. Pendant plus d’un demi-siècle, ils se sont partagé le pouvoir, ont affaibli les institutions et ont traité l’État comme un bien privé plutôt que comme un service public.
Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard. Ce n’est pas un complot. Et on ne peut pas indéfiniment en rejeter la faute sur autrui.
L’effondrement de l’État, l’érosion de nos institutions, le désastre économique et la paralysie de la gouvernance sont le résultat d’un système politique aux mains de ceux qui profitent de son échec.
Mais un fait est rarement évoqué : la majorité des Libanais ne votent pas. Lors de nombreuses élections, entre 50 % et 70 % des citoyens s’abstiennent. Cette majorité silencieuse existe déjà ; elle ne s’est simplement pas encore exprimée.
Si une partie seulement de ces abstentionnistes se mobilisait, elle pourrait former une véritable majorité au Parlement et changer le cours de l’État.
Aujourd’hui, au lieu d’assumer la responsabilité du désastre qu’ils ont engendré, nombre de ces mêmes politiciens s’apprêtent à voter pour prolonger le mandat du Parlement actuel. C’est inacceptable. Au lieu de prolonger leur mandat, ils devraient tous démissionner. Une enquête indépendante doit être immédiatement diligentée afin d’examiner leurs responsabilités dans la faillite de l’État libanais et dans la guerre tragique qui nous plonge actuellement dans le chaos.
Le Liban ne sera pas sauvé par la même classe politique qui l’a détruit. Il ne le sera ni en attendant, ni en blâmant des acteurs extérieurs.
La seule voie réaliste est politique : transformer la majorité silencieuse du peuple libanais en une majorité gouvernementale au Parlement.
Pas de raccourcis. Pas de miracles. Juste des citoyens qui reprennent le contrôle de leur État.
Il n’y a pas d’autre issue.
Delegato di Tota Pulchra per il Libano